Le bien-être financier des salariés français | Enquête Mercer 2019

65 % des actifs stressés par leur situation financière: un enjeu prioritaire pour les entreprises ?

65 % des actifs stressés par leur situation financière: un enjeu prioritaire pour les entreprises ?

  • 02 JUILLET 2019
  • PARIS, FRANCE

Mercer, leader du conseil en Santé et Prévoyance, Gestion des Talents, Retraite & Investissements, apporte un éclairage sur le concept peu développé en France de bien-être financier. Partant du constat que de plus en plus d’employeurs sont confrontés à des collaborateurs en proie à des difficultés financières, Mercer a souhaité évaluer le stress des salariés français* lié à ces difficultés financières et dresser un état des lieux des solutions apportées par les entreprises françaises** en la matière.

65 % des actifs français sont stressés par leur situation financière…

Le bien-être financier est une notion très utilisée dans les pays anglo-saxons où les entreprises ont conscience des impacts négatifs du stress que peut générer une situation financière complexe sur l’état de santé et la performance de leurs collaborateurs (anxiété, troubles physiques et mentaux, absences, etc.). En France, où les entreprises sont plutôt focalisées sur le bien-être général des salariés et la qualité de vie au travail, le concept est peu connu et rarement pris en compte. Selon cette étude Mercer, une minorité d’entreprises françaises communiquent sur le bien-être des salariés dans leur rapport annuel mais aucune ne se réfère à la notion spécifique de bien-être financier qui demeure pour elles une dimension extra-professionnelle. Même constat chez les salariés qui sont 65 % à tout ignorer de cette notion (60 % pour les hommes VS 71 % pour les femmes).

Cependant, si les actifs sont prévoyants dans la planification de leur situation financière (79%), la majorité d’entre eux reste stressée (65 %). Une situation qui a des impacts non négligeables sur leur productivité au travail : 49 % des sondés déclarent en effet consacrer entre 1 à 8 heures par mois sur leur lieu de travail à s’inquiéter de leurs difficultés financières ; 10% y passent même plus de 9 heures, soit plus d’une journée de travail par mois. Plus inquiétant encore, ce stress a de réelles répercussions sur leur santé, mentale ou physique, puisque 28 % souffrent de troubles mentaux et 38 % de troubles du sommeil. Un état de fatigue et de stress qui nuit fortement à leur vie privée et professionnelle : 34 % des salariés interrogés rencontrent en effet des problèmes relationnels avec leur entourage du fait de cette situation.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les salariés les plus particulièrement touchés sont ceux vivant dans des villages ou des zones rurales où 66 % des hommes et 73 % des femmes se disent stressés. Ainsi, selon l’enquête de Mercer, le profil type du salarié le plus stressé financièrement est une femme âgée de 30 à 40 ans, ayant des enfants et vivant dans une zone rurale avec un salaire annuel inférieur à 30 K€. …

... et ne parviennent pas à épargner pour des projets à long terme

Le moment du départ à la retraite en est une bonne illustration puisque 73 % des personnes interrogées sont peu voire pas du tout confiantes sur le niveau de vie dont elles disposeront une fois qu’elles auront cessé leur activité professionnelle mais ne sont que 8 % à épargner dans cette optique. Au-delà de tels projets à long terme, leurs principales priorités concernent en effet des échéances jugées plus concrètes ou plus court terme comme : rembourser ses dettes (33 %), épargner en prévision d’un imprévu (59 %) ou d’une dépense ponctuelle (55 %).

En cas de décision difficile à prendre sur leurs finances, 44 % des salariés estiment ne pas pouvoir avoir accès à des informations impartiales de la part des organismes dits « classiques » comme les banques ou les assureurs et préfèrent donc gérer leur épargne et leurs choix d’investissement eux-mêmes (41 %). 51 % aimeraient en revanche qu’un expert leur décrive toutes les options qui s’offrent à eux ou les conseille pour mieux gérer leurs revenus.

La prise en compte du bien-être financier, un nouveau défi pour les entreprises françaises

Dans la bataille que se livrent les organisations pour attirer, fidéliser et retenir leurs talents, la prise en compte du bien-être financier pourrait bien constituer pour elles un argument différenciant supplémentaire. Au-delà des collaborateurs en proie à des difficultés financières, il s’agit également de s’adresser plus largement à tous ceux confrontés tôt ou tard à un moment clé de leur vie à un accompagnement financier particulier.

De plus en plus conscientes de l’intérêt qu’elles ont à investir pour réduire le stress financier de leurs collaborateurs, certaines sociétés françaises permettent d’ores et déjà à leurs collaborateurs de bénéficier d’avantages sociaux (ex : CESU, fond d’aide dédié, programme d’avantages sociaux) pour les aider à faire face à leurs difficultés. D’autres encore distribuent de l’information aux salariés sur les plans d’épargne et retraite qu’elles proposent mais se limitent souvent à une formule standardisée comme les plans d’épargne (PERCO, PEE, PEG) sans prendre en compte la situation financière individuelle de chaque salarié. Elles ne sont que très peu à organiser par exemple des ateliers de coaching financier comme le voudraient pourtant 23% des actifs sondés. Les experts présents en entreprise sont en effet plutôt des conseillers sociaux voir des psychologues qui ne sont pas nécessairement formés pour conseiller les salariés sur la gestion de leur budget.

Rien d’étonnant donc qu’en cas de problèmes financiers, les Français se dirigent naturellement vers leur famille (78 %) puis leur banque (72 %) mais très peu vers leur employeur (17 %). Pourtant, ils aimeraient bénéficier de solutions concrètes de la part de ce dernier : prestations négociées ou prêts (42 %), mise à disposition d’un conseiller (27 %), sessions d’informations (23 %).

« En mettant à disposition des salariés un conseil financier et des solutions, les entreprises pourraient jouer un rôle important dans le bien-être financier de leurs salariés, réduire ainsi leur stress et favoriser leur performance au travail. Après avoir mené cette étude, nous sommes d’autant plus persuadés que développer l’éducation financière des collaborateurs doit faire partie intégrante de la stratégie des entreprises pour l’attractivité et la rétention des talents. », analyse Christel Bonnet, Consultante Retraite Senior chez Mercer France

Méthodologie :

*Étude réalisée par YouGov pour Mercer du 10 au 14 janvier 2019 sur un échantillon de 1009 actifs français représentatifs de la population active française (18+). Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire de YouGov. Les données sont pondérées pour être représentatives des adultes actifs français.

**Enquête réalisée par HEC Junior Conseil sur la base de l’étude de rapports annuels de grandes entreprises françaises de tous secteurs d’activité en janvier 2019.

À propos de Mercer

Mercer conseille et accompagne les entreprises en matière de santé et prévoyance, gestion des talents et de retraite et d’investissements. Opérant dans plus 130 pays, Mercer compte plus de 23 000 salariés répartis dans 44 pays. Mercer est une filiale détenue à 100% par Marsh & McLennan Companies (NYSE : MMC), premier cabinet mondial de services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et de la gestion du personnel. Avec plus de 75 000 collaborateurs et un chiffre d'affaires annuel dépassant les 17 milliards de dollars, grâce à ses entreprises leaders sur le marché comme Marsh, Guy Carpenter et Oliver Wyman, Marsh & McLennan aide ses clients à performer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe.

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