Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes en France. Selon l’édition 2021 du Panorama des cancers en France publié par l’Inca (Institut National du Cancer), 59 000 femmes doivent affronter ce diagnostic chaque année. Le cancer du sein représente ainsi 33 % des cancers féminins. Il est suivi par le cancer colorectal (11 %) et le cancer des poumons (8,5%).

Malgré des solutions thérapeutiques performantes, il reste le cancer féminin avec le taux de mortalité le plus important : 18 % des décès liés à un cancer chez la femme ont pour origine un cancer du sein.

Ce chiffre est encore plus difficile à accepter lorsqu’on sait qu’un dépistage précoce permet d’augmenter les chances de rémission de façon importante. Là encore, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 90 % des cancers du sein détectés tôt sont guéris*.

Il est donc essentiel de sensibiliser les femmes aux mesures de prévention et de dépistage du cancer du sein afin de faire reculer les chiffres de la mortalité de façon significative. Plus un cancer du sein sera détecté tôt, plus les chances de guérison augmenteront.

 

Le dépistage organisé du cancer du sein : comment cela se passe-t-il ?

Une campagne de dépistage organisé du cancer du sein a été mise en place depuis 2014 pour les femmes de 50 à 74 ans par la DGS (Direction Générale de la Santé). Ce programme de dépistage se base sur les recommandations formulées par la HAS (Haute Autorité de la Santé), à savoir la réalisation d’une mammographie tous les deux ans à partir de l’âge de 50 ans.

Concrètement, dès 50 ans, les femmes reçoivent une invitation par la CPAM pour prendre rendez-vous pour une mammographie de dépistage auprès d’un des radiologues agrées du département. Cet examen consiste en un examen clinique et en la réalisation de deux clichés par sein. Des clichés supplémentaires peuvent être pris si cela s’avère nécessaire. La mammographie peut être complétée par une échographie, notamment si la densité mammaire rend plus complexe la lecture des radiographies.

Si elle est réalisée dans le cadre du programme de dépistage organisé du cancer du sein, la mammographie est intégralement remboursée sans aucune avance de frais pour la patiente. En revanche, lorsqu’une échographie est nécessaire, celle-ci fait l’objet d’une prise en charge normale, à savoir un remboursement à hauteur de 70 % du tarif de base par la sécurité sociale complété par celui de la mutuelle.

Si les résultats sont normaux, une prochaine mammographie devra être réalisée deux ans plus tard. Si une anomalie est détectée lors de cet examen, la patiente bénéficie d’une prise en charge personnalisée par son médecin.

 

Peut-on se faire dépister avant 50 ans ?

Le programme de dépistage organisé du cancer du sein concerne les femmes de 50 à 74 ans car ce sont elles qui présentent le risque le plus important de développer une telle pathologie. En effet, l’Inca indique dans son panorama 2021 des cancers en France que 80 % des cancers du sein surviennent après 50 ans. L’âge médian de la découverte de cette maladie en France est de 63 ans actuellement.

Néanmoins, certaines femmes présentent des profils à risques et sont susceptibles de développer un cancer du sein avant 50 ans. Il peut alors être pertinent d’adopter une démarche de dépistage personnalisé pour ces patientes. Ainsi, les médecins peuvent prescrire une mammographie tous les 2 ans à partir de 40 ans lorsque les antécédents familiaux font ressortir des cancers du sein chez des parentes proches de la patiente.

La médecine prédictive permet d’aller plus loin et de cibler un plus grand nombre de femmes en se basant non seulement sur les antécédents familiaux mais aussi sur la génétique, l’âge, la densité mammaire. La prise en compte de l’ensemble de ces critères rend possible une prise en charge personnalisée du dépistage du cancer du sein afin de favoriser une détection précoce.

 

Quelles sont les mesures de prévention contre le cancer du sein ?

Les recommandations de la HAS en matière de dépistage du cancer du sein ne se limitent pas à la réalisation d’une mammographie tous les deux ans. Elles préconisent également la réalisation d’un examen clinique de la poitrine par un professionnel de la santé tous les ans dès l’âge de 25 ans.

Cet examen réalisé par un praticien peut venir en complément d’une autopalpation régulière. N’hésitez pas à demander à votre médecin traitant ou à votre gynécologue de vous expliquer comment procéder à cette autopalpation.

La prévention du cancer du sein passe aussi par la réduction des comportements à risques comme la consommation d’alcool, le tabagisme, le surpoids ou encore la sédentarité.

* Institut National du Cancer (INCa) - Les cancers en France édition 2018

 

 

Les gestes de l'auto-palpation

1. Debout, devant un miroir

inspectez les deux seins et vérifiez qu'il n'y a rien d'anormal : par exemple un écoulement par le mamelon d’un liquide, ou encore de sang, crevasses, fossettes, plis ou peau qui pèle ou dite d'orange sur le sein. 

2. Levez le bras droit

Avec les trois doigts de la main gauche, palpez le sein droit, fermement, attentivement et complètement. En commençant par la partie externe, parcourez le sein en effectuant de petits cercles avec les bouts des doigts.  

3. Veillez à examiner tout le sein

Une attention particulière doit être portée à la zone entre le sein et l'aisselle, cette dernière comprise. Cherchez toute grosseur ou toute induration anormale sous la peau. 

4. Terminez par le mamelon

Pressez délicatement le mamelon et vérifiez qu'aucun écoulement ne se produit. Si c'est le cas, prévenez votre médecin sans attendre.